Par décret ministériel du 15 novembre 1932, ÉZY ajouta à son nom « sur Eure » afin d’éviter toute confusion avec les communes dont le nom se prononce de la même manière :

- AISY (Aisne),
- AISY (Saône et Loire),
- LES EYZIES (Dordogne),
- EZY (Isère).

Le 29 juin 1951, l’Institut National de la Statistique précise que le nom d’Ézy-sur-Eure doit se prononcer comme si un accent aigu était mis sur la lettre E, première lettre du nom.

Il faut remonter à une charte de 1034 pour trouver le nom de GERMOND, vicomte d’ÉZY. 
Après de nombreuses alliances et successions, ÉZY échoue à la famille DES BROSSES. 
En 1667, Joseph Nicolas DES BROSSES, seigneur d’ÉZY, capitaine au régiment de Vendôme, présenta à Louis XV un drapeau enlevé à l’ennemi. 
Son blason a été adopté par la ville d’ÉZY, «d’argent à un lion de sable armé et lampassé de gueules».
 
De la bourgade moyennageuse qui composait ÉZY on ne sait pas grand-chose : quelques maisons groupées autour de l’ancienne église (actuel quartier de l’île) et quelques hameaux dispersés : Coutumel, Beauregard, La Croix Pageot, reliés entre eux par des sentes à brouettes dont il subsiste quelques tronçons, sente de la Vierge Marie, sente des Derrières, sente du Tournoir, sente de l’Escalier, etc…

Pendant la belle saison, les habitants cultivaient champs et vignes (voir histoire des Caves) et pendant la mauvaise saison, ils fabriquaient sabots de hêtre et peignes de buis ou d’alisier. Le vignoble d’ÉZY resta important jusqu’en 1872, année où le phylloxéra ravagea le vignoble normand. Les vignerons se reconvertirent en «peigniers» ou «peigneux».
 
La population qui comptait 830 habitants en 1808, a plus que doublé cent ans après, atteignant environ 2000 habitants en 1968.
Cette évolution est liée au développement de l’industrie du peigne, à l’implantation d’usines, à la fabrication d’instruments de musique. De nos jours, au dernier recensement, ÉZY compte un peu plus de 3700 âmes.

  • L'Église
Eglise
  • Les caves d'Ézy

L'appellation actuelle de certaines rues (Chemin des vignes, Rue des caves) ou de certains quartiers (Lotissement sous les caves) nous rappelle que dans le passé, le vignoble d'Ézy était important. 
Il se commercialisait sur la place de Paris ou de Rouen. 
Les registres d'état civil montrent d'ailleurs que les anciens d'Ézy étaient presque tous vignerons et peigniers.

Entreposer le vin nécessitait d'avoir de bonnes caves vastes et sèches. Ce n'était pas le cas au cœur du pays avec les possibles inondations provoquées par la rivière. De plus, le vin était soumis à l'octroi qui existait dans le bourg. 

En 1733, c'est le curé d'Ézy, l'abbé CHARPENTIER, qui fit observer que, si les caves se situaient au-delà de l'octroi, les droits cesseraient de peser sur le vin. La population comprit parfaitement le message de son curé et se mit à creuser près de deux cents caveaux, sur quatre niveaux, dans la marne de la colline.

Le dimanche, les habitants d'Ézy se réunissaient aux caves pour y jouer et boire.
L'hiver, on faisait du feu au fond des caveaux.
Le mardi de Pâques, on mettait les tonneaux "en perce" pour goûter le vin nouveau. 
La tradition s'est perpétuée jusqu'en 1900 / 1902. On sortait tréteaux et tables, vin, victuailles, pain et charcuterie et la "Grande Rosa" (Vve Jolivet) débitait gaufres et galettes.
Lorsque le phylloxéra s'abattit sur le vignoble, en 1872, celui-ci disparut d'année en année. 
En 1935, un des derniers plants de vigne existait à l'emplacement de l'ex-usine FACOM. 
Les caves désaffectées devinrent l'habitat d'une population troglodyte, venue d'on ne sait où, qui vivait là au mépris des moindres règles d'hygiène. On les appelait "les Caviots".
Les hommes vivaient de braconnage, de maraude.
Les femmes s'adonnaient à la prostitution. 
La morale leur était totalement étrangère : l'inceste, par exemple, y était d'usage fréquent.

  • Le prieuré Saint-Germain La Truite

Une source y coule depuis plus de deux mille ans.
Déjà, du temps des druides, on lui accordait des vertus curatives. 
Par la suite, elle fut reconnue pour guérir les écrouelles, les verrues, la lèpre, les malades atteints d'arthritisme et les enfants dartreux ou rachitiques.
Ses propriétés domestiques étaient reconnues et jusque dans les années 1920, bon nombre de ménagères, la préférant à l'eau de leur puits, venaient en faire provision.
 
Une chapelle fut construite sur l'emplacement de la source.
Puis un prieuré dépendant de l'abbaye d'Ivry fut institué et occupé par des moines bénédictins.
Un pèlerinage se déroulait chaque année, d'abord le jour de la St Germain, le 31 juillet, puis le 3ème dimanche de mai.

Une légende veut que Saint Germain ait consacré cet endroit :
on raconte qu'une jeune fille qui lavait du linge dans le cours de la source eut la main happée par une grosse truite. 
Saint Germain, évêque d'Auxerre traversait le pays pour aller évangéliser la Grande-Bretagne. On lui amena la mutilée qu'il guérit sur le champ puis, il exorcisa la source.

  • Les ponts d'Ezy

- Le pont des Cordeliers : 

Jusqu'au XVème siècle, le seul point de franchissement de l'Eure entre l'Ile de France et la Normandie se trouvait à Ivry.
 
Vers 1450, Pierre de Brézé, Grand Sénéchal de Normandie et seigneur d'Anet, fit construire un pont de bois pour relier sa province à l'Ile de France.

Peut-être faut-il remonter à cette lointaine époque pour comprendre l'expression "aller vers France" que les habitants d'Ézy utilisaient encore au début du XXème siècle pour dire qu'ils se rendaient à Anet.

Le pont fut dégradé vers 1649 au moment de la Fronde puis refait en 1760 par le Comte d'EU, seigneur d'Anet.
Le 25 février 1848, le roi Louis-Philippe le franchit, dans sa fuite vers l'Angleterre, sa terre d'exil.
En 1890, fut construit le pont métallique actuel et, en 1972, des travaux réalisés dans le cours de la rivière permirent de retirer de la vase les anciens piliers de bois.


- Le pont Neuf :

La mise en service de la gare Ézy-Anet (1873) entraîna la décision de construire un pont reliant directement Ézy à Anet, évitant ainsi le passage par le pont des Cordeliers et permettant de ce fait un raccourci de plus d'un kilomètre.

Sa réalisation remonte à 1882.
 
Endommagé le 19 août 1944 par la retraite allemande qui tenta de le faire sauter mais ne réussit qu'à provoquer une brèche au centre de la chaussée, il est rapidement réparé et garde, depuis, l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui.

- Le pont Saint-Jean

Le Pont Saint-Jean doit son nom à la proximité d'une chapelle de Saussay, placée sous ce vocable, construite en 1126 et détruite en 1790. 
Il fut construit en 1705 sous l'impulsion du comte d'EU, seigneur d'Anet.
 
Le vendredi 14 juin 1940, l'arche centrale a été dynamitée par l'armée française, à l'arrivée des Allemands.
L'arche fut rapidement reconstruite par un maçon de Bois Le Roi.

Pour en savoir plus, vous avez la possibilité d'acheter les ouvrages de l'associaiton Ezy et son Histoire  :
La Conquête d'une Liberté et Ezy-sur-Eure. Porte de Normandie. Tarifs et points de vente disponibles ici.